mercredi 30 mai 2012

photos souvenirs

Utrecht, en hiver

Dingle, Irlande

Valencia

koudou

Californie

Californie

San Diego, Californie

dimanche 22 avril 2012

Valencia
















Quand les Pays-Bas rencontrent l'Espagne

Encore une bonne raison d'aimer l'Europe, pas le continent entendons-nous, mais l'Europe politique, cette grosse machine que tout le monde fustige en ces temps électoraux. Parce que l'on dit tellement que l'on absorbe "notre argent" pour rien. Et bien chers citoyens, je vous le dis, une partie de cet argent sert des projets bien sympathiques.

Pour la période 2007-2013, 13 milliards d'euros ont été alloués par l'Union européenne à des programmes d'éducation et de formation. Comenius est l'un des projets financé par l'Union Européenne. Ce programme vise "à aider les jeunes et le personnel éducatif à mieux comprendre la diversité des cultures, des langues et des valeurs européennes." Concrètement, il finance des échanges entre élèves, des visites d'enseignants, des assistants (comme moi), et une multitude d'autres actions.

C'est ainsi que j'ai passé une semaine en Espagne pour accompagner un groupe d'élèves qui visitaient leurs correspondants espagnols. Pour moi, cinq jours d'un spectacle passionnant de rencontre entre deux cultures bien différentes. Quand les espagnols se baladaient en manteau d'hiver, mes jolies blondes d'élèves, se pavanaient en mini short. Une plage ? Qu'importent les 16°C de l'eau et un vent à devenir fou, ils ne leur a pas fallu 2 minutes pour être dans l'eau. Quant à la communication, censée se faire en anglais, c'est plutôt un langage de sourds qui s'est mis en place. Les néerlandais et leur anglais presque parfait étaient atterrés de voir leurs homologues se tortiller de douleur à l'idée de faire une phrase. Et cette pauvre élève espagnole doté d'un organe vocal des plus puissant qui s'est vu rétorquer un "arrête de crier" des plus vexants... Il faut s'y faire, le néerlandais est direct et prendre des pincettes, c'est pas son truc... Mais ils ont bien souffert aussi mes petits élèves, manger à 15 heures et 22 heures quand on déjeune à 11h et dîne à 18h à la maison, ça chamboule un peu. Habitués à leur petit monde hypoallergénique et leur vie si bien organisée, ils auront appris en une semaine bien plus qu'en un mois de classe m'assure leur professeur.

Mais du côté des profs, ça n'était pas l'osmose non plus. Quand on est néerlandais on est habitué à une certaine "organisation", alors attendre un peu trop longtemps qu'une décision soit prise, que le groupe se mette en marche, ça devient vite un supplice. Pour moi c'est un spectacle permanent. Les uns croient tout savoir et les autres sont dans la lune. Les uns se plaignent de tout quand les autres se laissent porter par le courant. C'est aussi ça l'Europe, un gros bordel. 

C'est donc avec beaucoup d'enthousiasme que je fais la promotion des projets européens comme celui-là. Je l'aime tellement cette identité européenne faite de tout et de rien. L'Europe est définitivement un bien beau mélange !

vendredi 10 février 2012

Frizzland










Transfrontalité et slam au collège

Faire son plein d'essence en Allemagne, ses courses aux Pays-Bas et acheter des bouquins en français dans une librairie belge : voilà les avantages de vivre à la frontière de 3 pays. Ca peut paraître exotique, mais en fait, plus d'un tiers des européens vivent dans ces régions dites transfrontalières.

Si dans mon cas cette situation a du bon, il ne faut pas oublier que ça pose de sacrés problèmes : avec des salaires élevés qui attirent les voisins (français en Belgique, en Suisse ou au Luxembourg, belges aux Pays-Bas) certains pays voient monter la xénophobie ("ces étrangers qui nous volent notre travail et tout cet argent qui sort du pays"), il y a parfois la barrière de la langue aussi. Ici on entend des néerlandais qui conseillent ouvertement à leurs amis "va acheter ta maison en Belgique ! C'est moins cher et tu paieras moins d'impôts"... Résultat, les prix de l'immobilier flambent à la frontière Belgique-Pays-Bas, et les belges voient d'un mauvais oeil ces envahisseurs néerlandais.

Alors pour faire aimer ces espaces transfrontaliers aux européens, mais aussi et surtout pour faire marcher l'économie, les bureaucrates de Bruxelles ont mis au point des grandes machines de coopération transfrontalières gonflées aux subventions : les "Eurorégion". Regroupement d'entités administratives de deux ou plusieurs pays membres de l'Union européenne, ces Eurorégions coopèrent dans plusieurs domaines : emplois, culture, éducation, transport, environnement... dans le but de faire de ces régions d'inégalité et de différence, autrefois périphériques, des régions où les habitants partagent des intérêts et un destin commun.



Les Eurorégions




La première région de ce type a été crée en 1958, l'Euregio Rhin-Meuse, associant les régions frontalières allemande, néerlandaise et belge, soit 3 pays, 3 langues, et 3,8 millions d'habitants. Cette région "européenne" a pour objectifs d'harmoniser les politiques, de souligner les intérets communs, de promouvoir les cultures de chaque pays tout en essayant de créer une identité commune. On compte aujourd'hui 90 eurorégions. 




C'est un joli projet et c'est en partie grâce à cela que j'ai pu prendre part à une expérience très intéressante. Mes élèves de français renforcé au collège ont participé à un atelier de slam dans le cadre de "l'euregio slam", un projet autour du slam et des langues à destination des adolescents de l'euregio. J'ai donc accueilli au collège une charmante équipe : une responsable du projet néerlandaise, ses deux stagiaires, un néerlandais et une belge francophone, un caméraman allemand et un slameur Bruxellois, donc bilingue franco-flamand. Nous avons fait travailler les élèves sur l'écriture d'abord, puis la déclamation de slam en français. Contre toute attente, mes élèves d'habitude plutôt réservés et pas super réactifs se sont lancés dans le défi et ont produit des choses vraiment étonnantes. Résultat : deux slams de grande qualité et pour les gagnants une interview dans un journal local. Non seulement j'étais très fière d'eux mais j'ai eu la sensation d'être au coeur d'une expérience follement européenne. Nous avons jonglé entre le français, le néerlandais et l'anglais, seule langue qui nous était commune à tous. Quant au slameur qui maîtrisait aussi bien le français que le néerlandais et l'anglais dans ses slams et il nous a permis de comprendre que chaque langue avait sa logique de fonctionnement en slam aussi. Cet atelier va continuer dans des classes belges puis allemandes, pour réunir les meilleurs slameurs en septembre prochain.


Cette expérience m'a vraiment convaincue des bienfaits des actions menées pour faire de la diversité culturelle de ces régions transfrontalières une richesse. Reste à savoir s'il en va de même pour les habitants. J'ai toujours l'impression que les euro sceptiques sont encore majoritaires en France, je serais curieuse de savoir si ici aussi...

mercredi 8 février 2012

Elfstedentocht

Mais qu'est-ce donc ?

Le Elfstedentocht, ou le tour des onzes villes, c'est l'un des événements sportifs les plus populaire des Pays-Bas. Et pour cause, c'est une course de patins à glace de plus de 200 km sur les canaux, lacs et rivières gelés de Frise qui n'a lieu que quand le climat le permet. Tradition frisonne depuis des lustres, cette course n'a été organisée officiellement qu'à partir de 1909 et seules 15 éditions se sont tenues à ce jour.

Si j'en parle aujourd'hui, c'est qu'en ce moment l'excitation est à son comble. Avec le froid qu'il fait (je vous épargne la "vague de grand froid" comme l'appellent nos médias un peu bêtas), les néerlandais n'attendent que le moment où les organisateurs annonceront que la glace est assez épaisse pour la bonne tenue de la course. Il faut 15 cm d'épaisseur sur tout le parcours. La dernière édition a eu lieu en 1997 et depuis tous les hivers, on spécule, on attend, on espère, mais en vain...



Quand l'évènement à lieu, il y a de quoi devenir dingue, les organisateurs annoncent la course 24 heures avant, c'est alors la ruée vers Leeuwarden, point de départ et d'arrivée de la course. Les hôtels se remplissent en quelques minutes et les particuliers vendent même leurs canapés à prix d'or. On fait la fête dans les chaumières jusqu'au bout de la nuit. Et le jour de la course c'est l'euphorie, ce sont 15000 patineurs qui sont attendus en moyenne à chaque édition. Mais attention, ne participe pas qui veut. Il faut payer chaque année son abonnement au comité organisateur. Notons que les femmes n'ont été autorisées à participer à la course qu'à partir de 1985...



Alors un Elfstedentoch 2012 ?


Selon les dernières nouvelles, ça s'annonce pas terrible pour les patineurs, la glace n'est pas encore assez épaisse, on s'en remet donc à l'espoir d'un gel profond la semaine prochaine...







Alors pour nous faire patienter une vidéo de l'édition 1933 :


video

jeudi 19 janvier 2012

les Pays-Bas, la tête sous l'eau ?





Si l'on en croit cette carte, avec une élévation de 1 mètre du niveau des océans, les Pays-Bas seraient réduits à peau de chagrin. Les experts du GIEC ont prévu une montée de 0,1 à 0,9 mètre du niveau global des océans d'ici 2100, ce qui est une évaluation large et surtout qui sera variable d'un espace à l'autre de la Terre car certaines terres s'enfoncent, d'autres s'élèvent. Quoi qu'il en soit, les Pays-Bas ont de quoi s'inquiéter avec un quart du territoire et 60% de la population vivant sous le niveau de la mer, comme le montre la carte suivante.
                                 

  

Les Pays-Bas : un quart du territoire sous le niveau de la mer
(wikipédia)

    Vous me direz, ils s'en sont bien sortis jusqu'à maintenant avec leurs kilomètres de digues et leurs infrastructures ultra-innovantes. Oui mais, l'élévation du niveau de la mer ça signifie aussi une plus grande vulnérabilité face aux évènements climatiques tels que les tempêtes, et les digues, elles sont solides mais jusqu'à une certaine limite...



     Depuis que les hommes se sont installés sur cette terre, soit durant la dernière période glacière (pas très précis, je sais), ils ont vu les paysages changer aux gré des inondations. On a commencé par drainer les marais, puis construire des digues pour éviter l'immersion des zones nouvellement cultivées. C'est à l'aide des fameux moulins à vent que les hollandais ont pu voir plus grand en asséchant des régions entières. Depuis 60 ans ce sont des ouvrages d'arts gigantesques qui protègent les terres des tempêtes et inondations. Le plan Delta, lancé après les inondations dramatiques de 1953 (1835 personnes disparues, 10 000 têtes de bétails noyées), a permi de "fermer" l'archipel de la Zélande (sud-ouest du pays) comme le montre cette carte. Les bras de mer ont vu se dresser des digues et autres barrages laissant passer l'eau salée pour préserver les écosystèmes, tout en permettant de réguler les montées du niveau de l'eau en cas de tempête ou de grande marée. Le point positif c'est que les néerlandais sont aujourd'hui des spécialistes des aménagements hydrauliques et côtiers, c'est d'ailleurs une entreprise néerlandaise qui construit les "Palm Islands" de Dubaï. Le problème, c'est que les constructions humaines ne sont pas invincibles et la mer reste un redoutable ennemi... 


L'élévation du niveau des océans accompagné par un phénomène d'érosion et surtout d'affaissement des  terres (effet contre-productif des digues...) risque de réduire à néant les efforts pour protéger les terres situées sous le niveau de la mer, dont les régions les plus peuplées, leaders économiques du pays comme  Amsterdam et Rotterdam. 

Alors que faire ? 

Il y a ceux qui croient en l'amélioration constante de la science, et font confiance aux innovations pour renforcer à tout prix digues et barrages. Selon moi, ils sont à mettre dans le même panier que les pro-nucléaire qui laissent à l'avenir le soin de régler les problèmes actuels du recyclage des déchets radioactifs, c'est-à-dire des irresponsables notoire. 

De solutions, il n'y en a pas vraiment, mais des adaptations oui. La plupart des chercheurs s'accordent sur le fait que l'homme devra rendre à la mer ce qui lui appartient, des régions entières seront donc probablement abandonnées à la submersion. Un milieu, entre terre et eau, remplacera les polders. 




Les habitants se sont pour certains déjà préparés. Par exemple, pourquoi ne pas abandonner la maison  classique sur la terre ferme ? Car on peut désormais trouver de véritables maisons flottantes amarrées sur la terre et reliées au réseau d'égout et d'électricité, j'en parle d'ailleurs ici. Ces constructions reposent sur des caissons de béton flottant fixés à des piliers solidement plantés qui leur assurent une certaine stabilité. Mais des questions se posent quant à leur impact environnemental...




Une idée plus ambitieuse a vu le jour, celle de construire de véritables cités flottantes. L'architecte français Vincent Callebaut a développé un projet ambitieux : le Lilypad. Il s'agit d'une île artificielle pouvant accueillir jusqu'à 50 000 personnes. C'est sur le modèle d'une plante aquatique de la famille des nymphes, qu'il a dessiné cette île destinée à voyager au gré des courants...


Pour en savoir plus : le site de l'architecte ici et un article de Neomansland ici.


Mais combien ça coûte tout ça ? 


Je vois venir la question. Et bien certe, ça a un coût, mais savez-vous que le coût estimé de la montée du niveau des océans, si l'on ne fait rien, a été évalué à 28 000 milliards de dollars dès 2050 ? C'est le WWF (fond mondial pour la vie sauvage) associé à l'assureur Allianz qui l'ont estimé. Cette somme représente la valeur des biens exposés à des destructions liées aux événements climatiques dans 136 villes portuaires du monde entier. (Le Monde, 23-11-2009)


Alors les coûts de ces idées innovantes et cherchant non pas à combattre la nature mais à s'adapter à ses changements, méritent probablement d'être dépensés...